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La nature peut réaliser 30% des baisses d’émissions de CO2 attendues d’ici 2030




Publié le : 27 Décembre 2019


Les Etats doivent intégrer dans leurs objectifs de réduction d’émissions carbonées les solutions fondées sur la nature, plaident l’Union internationale de la conservation de la nature et la Plateforme océan et climat. Les milieux naturels – terrestres et océaniques - absorbent 50 % des émissions annuelles de CO2.

De la décevante COP25, la Plateforme océan et climat (POC) retient une avancée : « C’est la première fois qu’une déclaration finale acte le rôle des écosystèmes dans la régulation climatique », apprécie son vice-président, Raphaël Cuvelier.

Deux mois après la publication du rapport spécial du GIEC sur les océans et la cryosphère, la « Blue Cop » qu’avait voulue le Chili ne s’est pas totalement dissoute à Madrid. La POC plaide pour qu’une ligne du Fonds vert soit dédiée à l’océan, thème à inscrire à l’agenda de l’Organisation maritime internationale et à utiliser comme pont entre les Conventions climat et biodiversité.

Un puits trop peu actionné

Les engagements rehaussés attendus des Etats à la COP26 (Glasgow, Ecosse, novembre 2020) devront « intégrer les solutions fondées sur la nature (SFN), avec des objectifs quantifiés : surfaces préservées, restaurées et CO2 stocké », presse Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN). Les écosystèmes peuvent assurer un tiers de l’atténuation climatique attendue d’ici 2030, montre une étude menée avec l’université d’Oxford ».

Ce document, publié début 2019, relève que 70% des contributions nationales mentionnent des actions en matière forestière dont seules 20% affichent des objectifs quantifiés et 8% les traduisent en CO2 épargné. Seulement 17 % des contributions signalant des SFN pour l’adaptation au réchauffement y associent « des objectifs quantifiables et robustes ». Moins d’un Etat disposant d’écosystèmes côtiers sur cinq (19%) les intègre aux mesures d’atténuation et 39% à l’adaptation – volet recelant le plus de potentiel.

L’UICN défendra, à la 15ème COP sur la diversité biologique (Kunming, Chine, octobre 2020) « un objectif de 30% d’aires protégées sur terre (contre 15% aujourd’hui) et en mer (8%) d’ici 2030. Mangroves et herbiers marins ne représentent que 0,2% de la superficie des océans mais plus du tiers du CO2 stocké dans les sédiments, souligne Sébastien Moncorps. La protection des zones humides côtières évite 23 milliards de dollars/an de dégâts aux Etats-Unis. »

Les infrastructures vertes moins coûteuses que les grises

En Aquitaine, où les côtes sableuses s’érodent de 1,7 à 2,5 m/an, restaurer les dunes s’avère peu coûteux en investissement et 50 fois plus économique en entretien que construire des brise-lames – et 100 fois plus que le rechargement en sable. Cette sobriété financière parlera aux intercommunalités désormais chargées de la gestion des milieux aquatiques et de la protection contre les inondations (Gemapi), confiée par l’Etat qui transfère des ouvrages de protection dont l’entretien a pu être négligé.

Dans le cadre d’un programme Life (2020-2028), le comité français de l’UICN accompagnera les territoires dans la mise en place de SFN, « intéressant beaucoup les agences de l’eau, qui réalisent que l’investissement élevé dans le génie civil aboutit à des résultats peu probants sur la maîtrise des risques naturels ».


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