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Lubrizol : l'Anses demande une surveillance renforcée suite à la levée des restrictions sur le lait




Publié le : 16 Octobre 2019


Le ministère de l'Agriculture a donné son feu vert pour la levée des restrictions sur le lait. Prudente, l'Anses, dans son avis, recommande de mettre en place un dispositif de surveillance renforcée et de mettre au clair les incertitudes.

Le lait et les produits laitiers de cinq départements touchés par l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) devraient être bientôt à nouveau commercialisés : la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a demandé aux préfets de lever les mesures de restriction en vigueur sur ces denrées, ainsi que sur l'accès des animaux au pâturage. « Un avis de l'Anses est attendu dans les prochains jours pour les autres productions, indique dans un communiqué le ministère de l'Agriculture. Dans l'attente, les mesures de restriction pour le miel, les œufs, les poissons et les végétaux sont maintenues ».

Le 25 septembre dernier, un incendie se déclarait dans l'établissement classé Seveso seuil haut Lubrizol. Les retombées des panaches des fumées ainsi que les produits brûlés avaient conduit à une mise sous consigne du lait, des œufs, du miel et des poissons d'élevage, ainsi que de l'ensemble des productions végétales destinées à l'alimentation humaine ou animale des communes concernées. En parallèle, des vérifications des niveaux de contaminations dans ces productions agricoles ont été engagées. La DGAL a axé ces premières analyses sur une recherche de dioxines et furanes, les polychlorobiphényles (PCB), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des éléments « traces métalliques » (notamment cadmium, plomb, mercure).

Elle a communiqué le résultat des prélèvements réalisés entre le 29 septembre et le 7 octobre à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). L'objectif ? Arbitrer sur une éventuelle levée des mesures d'interdiction de la collecte du lait.

L'agence souligne que son avis ne constitue pas une évaluation des risques sanitaires mais un contrôle de conformité et d'une comparaison à des niveaux de bruit de fond. Elle n'émet donc pas d'avis sur les produits qui sortent du champ de la réglementation.
« Ce premier niveau d'analyse des résultats montre que les concentrations en dioxines, furanes, et PCB détectés dans les prélèvements de productions de lait de la région impactée par le panache n'excèdent pas les teneurs maximales règlementaires », constate-t-elle.

Les HAP ne sont pas réglementés mais l'Anses estime négligeable le risque de transfert vers le lait. De la même manière, parmi les éléments traces métalliques, seul le plomb est encadré. « L'avis relatif à la hiérarchisation des dangers chimiques en alimentation animale avait estimé comme notable le transfert du cadmium vers le lait, faible pour le mercure, et négligeable pour le plomb », note l'Anses.

Elle souligne néanmoins que les prélèvements réalisés par la DGAL présentent des valeurs inférieures à celles qui ont pu être mesurées lors de précédents accidents industriels ou des pollutions chroniques importantes.


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