La cohérence des déclarations d'émissions est vitale pour atteindre les objectifs climatiques fondés sur la science

Environnement et Energie - Actualité Normative - Publiée le mercredi 10 novembre 2021

Des méthodes convenues à l’échelon international existent et doivent être adoptées plus largement, déclare un leader mondial de la normalisation.

Pour Daniel Trillos, un expert de la normalisation de renommée internationale en matière de management environnemental, l’incohérence des données et des méthodes de calcul et de rédaction des rapports sur les émissions de carbone constitue un frein majeur à la réalisation des objectifs climatiques.

Il existe pourtant des Normes internationales qui traduisent un consensus mondial sur la meilleure façon d’atteindre ces objectifs. Des commentaires qui font suite à la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies sur la nécessité de recourir aux normes pour réduire à zéro les émissions nettes. Cet appel fait également écho à celui du Secrétaire général adjoint de l’ISO, Silvio Dulinsky, qui a préconisé au cours de la COP26 la semaine dernière une utilisation plus généralisée des Normes internationales. Il a ainsi exhorté les pays à utiliser les normes sur les méthodes d’évaluation et de rédaction des rapports, élaborées par des experts du monde entier et fondées sur le consensus.

M. Trillos, qui est également le Vice-président du comité technique de l’ISO sur le management environnemental, s’exprimait aujourd’hui à la COP 26 au Forum de la Chambre de commerce internationale : « Construire une économie zéro net et résiliente – Le rôle des Normes internationales ». Pour lui, les importantes disparités entre les données réelles et déclarées, comme celles relevées par le Washington Post, peuvent et doivent être évitées si l’on veut parvenir à réduire les émissions de carbone.

« Il est impératif que chaque organisation dans chaque pays soit sur la même longueur d’onde, et utilise les mêmes méthodes pour rendre compte de leurs actions environnementales », a-t-il ajouté.

« Sans cohérence, il est impossible d’obtenir des données précises pour définir des référentiels, des objectifs et voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Il s’agit clairement d’un obstacle majeur à la réalisation des objectifs climatiques. »

Les normes proposées par l’ISO garantissent cette cohérence, notamment la série de normes ISO 1406x sur la déclaration des émissions de gaz à effet de serre, et la validation et la vérification des informations environnementales, et la norme ISO 14097 qui définit un cadre pour l’évaluation et la déclaration des investissements et des activités de financement au regard du changement climatique.

Le comité technique de l’ISO sur le management environnemental fait appel à des centaines d’experts venant de plus de 120 pays et issus du monde de l’industrie, des pouvoirs publics, du secteur de la normalisation, etc. Le comité a élaboré un certain nombre de normes qui fixent un cadre pour l’organisation et l’application des meilleures pratiques de management environnemental.

« Les normes ISO relatives à ce domaine ont été adoptées par de nombreux pays dans le monde, car elles sont l’expression d’une collaboration et d’un consensus à l’échelon international. C’est seulement par le consensus que nous pouvons espérer relever des défis internationaux comme celui du changement climatique », a conclu M.Trillos.