L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) présente les enjeux liés aux exportations françaises de déchets textiles et de vêtements usagés. Elle souligne que seuls 32 % des textiles sont collectés en France, une grande partie étant encore jetée avec les ordures ménagères.
Une fois collectés et triés, une majorité des textiles peut être réutilisée, mais environ 90 % de ceux destinés à une seconde vie sont exportés à l’étranger, principalement vers l’Afrique. Cependant, ces exportations posent problème car entre 10 et 40 % des vêtements envoyés ne trouvent pas preneur et deviennent directement des déchets dans les pays importateurs, souvent mal équipés pour les traiter. Le modèle économique de la filière textile repose en partie sur ces exportations, mais celui-ci est fragilisé par la baisse de qualité des vêtements liée à la fast fashion et par une concurrence internationale accrue. Le rapport associé de l'IGEDD met aussi en évidence un manque de traçabilité et de contrôle des flux, ainsi que des lacunes dans l’application des réglementations.
Pour répondre à ces enjeux :
- il propose de mieux encadrer les exportations, notamment via des contrats garantissant la qualité des produits et leur destination.
- il recommande également de développer les capacités de recyclage et de traitement en France et en Europe afin de réduire la dépendance aux exportations.
Plus largement, il appelle à transformer le modèle de production et de consommation textile, en favorisant des produits plus durables et recyclables. Enfin, il souligne que limiter les exportations implique une refonte globale de la filière textile et de ses pratiques, afin d’aller vers une économie plus circulaire et responsable.