L'Anses a montré les propriétés de perturbateur endocrinien du lithium et a constaté un manque de connaissance sur les niveaux d’exposition sur l’environnement et les effets associés. Depuis, l'Anses a réalisé des travaux sur le lithium et trois de ses sels : le carbonate, le chlorure et l’hydroxyde de lithium. Au termes de ces travaux, elle a pu mettre en avant la dangerosité de ces éléments, notamment au niveau environnemental. Aussi, elle recommande donc que des recherches complémentaires soient menées pour mieux caractériser les effets du lithium à doses environnementales.
L’Agence recommande également que les évaluations des risques réalisées règlementairement par les industriels, par exemple dans le cadre du règlement relatif aux batteries et aux déchets de batteries, prennent en compte les effets reprotoxique et perturbateur endocrinien du lithium et de ses sels pour la santé humaine ainsi que ses effets toxiques pour les espèces de l’environnement.
Ainsi pour pour évaluer les risques sanitaires, l’Anses a défini des valeurs toxicologiques de référence (VTR) correspondant à des niveaux d’exposition sans effet nocif pour la population. Trois VTR ont été établies pour le lithium : une valeur par voie orale de 0,02 mg équivalent lithium/kg de poids corporel/ jour une valeur par voie respiratoire de 0,05 mg équivalent lithium/m3 et une valeur interne dans le sang de 0,035 mg/L. Ces valeurs concernent uniquement des expositions chroniques sur plus d’un an.
Notez que sont actuellement en cours d’examen au niveau européen, la classification dans le cadre du règlement européen CLP, de ces trois sels de lithium comme toxiques pour la reproduction. En ce sens, l’Agence a par ailleurs recommandé l’exploration d’une procédure d’identification du lithium comme substance extrêmement préoccupante, une fois que la classification comme reprotoxique 1A sera intégrée dans le règlement CLP. L’objectif visé est d’inciter les industriels à fournir des données précises sur les usages et les expositions au lithium et de renforcer ainsi les mesures de protection des travailleurs exposés, en encourageant notamment sa substitution par des substances moins préoccupantes lorsque cela est possible.